Muscles par sport : j’ai cartographié 89 sports et 30 groupes musculaires

Muscles par sport : j’ai cartographié 89 sports et 30 groupes musculaires

23 octobre 2026 0 Par Mickael LEBRET

La question a l’air simple : quels muscles travaille tel sport ? Je me la suis posée pour moi, en cherchant à savoir ce que la course à pied laissait vraiment de côté. Les réponses trouvées en ligne étaient soit des listes vagues, soit des articles qui recopiaient les mêmes approximations les uns après les autres. J’ai fini par construire l’outil que j’aurais voulu trouver, et il est en ligne sur mlebret.fr depuis début septembre.

Ce que je voulais régler

Le problème n’est pas le manque d’information, c’est le manque de cadre. Un article vous dit que la natation « muscle tout le corps », un autre que le vélo « fait travailler les fessiers », et personne ne précise à quel point, sur quelle base, ni ce que l’activité ne travaille pas. C’est ce dernier point qui m’intéressait le plus. Savoir qu’en course à pied le grand pectoral et les fléchisseurs de l’avant-bras sont à zéro me semble bien plus utile qu’une liste de dix muscles sollicités.

Ce que fait l’outil

Muscles par sport couvre 89 sports et 30 groupes musculaires. Chaque croisement porte une note de 0 à 3. Le 3 désigne un moteur principal, le muscle sans lequel le geste devient impossible. Le 2 un moteur secondaire, le 1 un stabilisateur ou un travail accessoire, le 0 un groupe peu ou pas sollicité. Les 89 x 30 niveaux sont publiés, les zéros compris, et chaque fiche de sport a son bloc « Ce que ce sport ne travaille pas ».

Vous pouvez chercher un sport pour voir ses 30 niveaux d’un coup, partir d’un muscle pour voir quels sports le sollicitent le plus, filtrer par catégorie, par région du corps ou par profil d’effort (cardio, force, souplesse, coordination, impact), et comparer jusqu’à 4 sports sur une même silhouette. La silhouette, de face et de dos, est cliquable et se colore selon le niveau d’implication. Chacun des 89 sports et chacun des 30 groupes musculaires a en plus sa fiche dédiée, avec son tableau complet et ses sources.

Petit parti pris de développeur : tout le contenu est écrit dans la page. Sans JavaScript, la recherche et la comparaison ne fonctionnent pas, mais les 89 sports, les 30 groupes et toutes les fiches restent lisibles.

La méthode, dite telle quelle

C’est la partie sur laquelle je ne voulais pas tricher. Les notes sont une synthèse éditoriale d’ouvrages d’anatomie fonctionnelle et de publications d’électromyographie, que j’ai compilée, arbitrée et documentée moi-même. Je suis développeur web, pas kinésithérapeute, et l’outil l’écrit noir sur blanc.

Chaque sport affiche donc un niveau de preuve. A quand des données EMG ou biomécaniques publiées existent sur l’activité, B quand la notation s’appuie sur un geste documenté équivalent, C quand il n’y a qu’une analyse du mouvement. Un sport peu documenté reste un sport peu documenté, et l’outil préfère l’écrire plutôt que d’arrondir.

Trois mots que tout le monde mélange sont séparés partout : sollicité décrit l’activation du muscle pendant l’effort, renforcé un gain de force après plusieurs semaines, développé une augmentation de volume. Cet outil décrit le premier, et lui seul. Dans le même esprit, les muscles profonds comme le transverse ou le psoas-iliaque sont signalés comme estimés par analyse du mouvement, parce que l’électromyographie de surface ne sait tout simplement pas les lire. Et toutes les notes décrivent la même séance de référence, 45 à 60 minutes de pratique loisir, deux fois par semaine, sans recherche de performance.

Ce que l’outil ne fait pas, il le dit aussi : aucun programme d’entraînement, aucun diagnostic, aucun avis médical. En cas de douleur ou de blessure, la bonne adresse reste le médecin ou le kinésithérapeute.

Les données sont ouvertes

Le jeu de données complet est téléchargeable en JSON sous licence CC BY 4.0. Il contient les 89 sports, les 30 groupes musculaires, les 89 x 30 niveaux, l’échelle, la séance de référence, les sources et la date de révision. Réutilisation libre, y compris commerciale, avec attribution. La bibliographie est publiée en entier sur la page, référence par référence, des ouvrages de kinésiologie aux articles d’EMG sur la course, le pédalage, le crawl ou l’escalade.

Allez voir

Le plus parlant reste d’ouvrir une fiche. Celle de la course à pied montre bien l’idée : cinq moteurs principaux sous la ceinture, un haut du corps à 0 ou à 1, et une explication de chaque arbitrage. En sens inverse, la fiche du grand fessier range les 89 sports par niveau, et aucun ne le laisse à 0. Le jeu de données est là pour qui veut aller plus loin.

Si vous repérez une note discutable, écrivez-moi. C’est exactement pour ça que la méthode et les sources sont publiées.